L’enfant en situation de handicap doit pouvoir avoir un accès en micro-crèche, il doit pouvoir être considéré de la même façon que tous les autres enfants inscrits. Toutefois, selon la nature de son handicap, il est primordial de comprendre ses besoins particuliers et d’adapter la structure afin que tous les enfants puissent avoir un système de garde et d’accueil quelles que soient leurs différences.


Dans ce guide complet j’ai voulu te donner les clés pour parvenir à rendre ta micro-crèche la plus inclusive possible et permettre à chaque enfant de s’épanouir librement. 

Un petit point sur les différents types de handicaps

Avant toute chose, je pense qu’il est important de bien comprendre qu’il existe différents types de handicaps. Certains handicaps peuvent exister depuis la conception de l’enfant, d’autres peuvent apparaître avec l’âge ou bien lors d’un accident. D’ailleurs, sais-tu que 80% des handicaps ne peuvent se voir à l’œil nu ?

Selon la Loi du 11 février 2005 (la loi handicap), une loi française qui a été promulguée sous le gouvernement Raffarin, un handicap se définit de la manière suivante : 

« Constitue un handicap, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou défini- tive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. » 

 Voici donc une liste non-exhaustive des différents handicaps pour t’aider à mieux les comprendre et distinguer :

  • Le handicap moteur
  • Le handicap mental
  • Le handicap auditif
  • Le handicap visuel
  • Les troubles dys
  • Les troubles psychiques
  • L’autisme

Comment aménager sa structure pour recevoir des enfants en situation de handicap ?

Le droit d’être accueilli en micro-crèche pour un enfant en situation de handicap est primordial. Ainsi, l’aménagement de la structure repose sur une bonne cohésion entre les professionnels de la micro-crèche et sur les professionnels du secteur médico-social. La mutualisation des compétences de chacun permettra de créer un lieu de confiance et sécurisé pour ces enfants en situation de handicap. 

Il faut donc d’abord penser à connaître et reconnaître les besoins spécifiques des enfants en par exemple :

  • Élaborant un projet d’accueil individualisé (PAI)
  • Participant à la consolidation de leurs projets de vie
  • Ajustant le taux d’encadrement
  • S’appuyant sur les compétences de chacun
  • Faisant appel à des partenaires du soin, du social et/ou du médicosocial *
les réseaux autour du handicap
Les partenaires autour du handicap

Un autre point essentiel est d’avoir une équipe formée, consciente et impliquée dans l’accueil des enfants en situation de handicap au sein de la micro-crèche. Cela fera la différence à la fois auprès des enfants mais également auprès des parents.

* De nombreux organismes proposent des solutions tels que les centres d’action médicosociale précoce (CAMPS); les services d’éducation et de soins spécialisés à domicile (SESSAD); les centres médico psychologiques (CMP); les centres médico psychopédagogiques (CMPP); la maison départementale des personnes handicapées (MDPH);…

Comment former son équipe à l’accueil d’un enfant en situation de handicap ?

Comme l’a dit Korff-Sausse en 1999 :  « L’intégration d’un enfant handicapé ne peut être l’affaire d’une personne, c’est obligatoirement la tâche d’une équipe ».

Pour favoriser l’intégration des enfants en situation de handicap, toute l’équipe doit s’investir à la fois sur la sécurité de ces derniers, la bienveillance, le respect et la communication. 

Chaque enfant doit apprendre à vivre avec les autres dès le plus jeune âge, c’est en ce sens que l’équipe est essentielle. Bien souvent, un PAI (Protocole d’Accueil Individualisé) est mis en place avec divers partenaires afin que l’enfant puisse être suivi correctement par des professionnels du milieu médico-social (Kinésithérapeutes, orthophonistes, éducatrices, puéricultrices…). Ce système permet un soutien à la fois pour les équipes mais également pour les familles, rassurées, car l’enfant trouve dans la micro-crèche des moyens de se sociabiliser, de s’éveiller et de faire partie de la société. 

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Le projet de toute l’équipe est donc d’accueillir l’enfant peu importe qu’il soit dans une situation de handicap ou pas. Toutefois il est évident que l’accueil d’enfants en situation de handicap demande plus d’investissement, d’écoute, de disponibilité et de compréhension. C’est pour cela que la référente technique doit rencontrer les parents de l’enfant en amont. Cette rencontre permettra d’avoir le plus d’informations possibles sur l’enfant afin qu’il soit accueilli dans la micro-crèche avec une équipe qui respectera son rythme, son bien-être, son épanouissement et ses besoins.

La présence du médecin traitant ayant rédigé un certificat médical de non-contre-indication à l’entrée en collectivité est nécessaire, auquel cas il devra au moins participer à la création et mise en place du PAI.  

enfant heureux

Quelles sont les aides données pour optimiser la micro-crèche ?

Afin de rendre la structure inclusive et qu’elle puisse être le futur lieu de vie de tous, des aides sont mises à disposition. 

La Caisse d’allocations familiale (CAF), propose un financement qui permet de :

  • Contribuer au développement de l’offre d’accueil des enfants de moins de six ans en versant des aides à l’investissement pour la création de structures d’accueil de la petite enfance. 
  • Favoriser la mixité sociale et l’accessibilité des structures à toutes les familles par le versement d’une aide au fonctionnement.
  • Encourager et soutenir ses établissements en proposant un renfort du personnel, des formations ou des financements de postes de coordinateur handicap.

Le Département, propose une aide financière sous conditions :

  • Cette aide peut être attribuée depuis le 1er janvier 2015 aux gestionnaires afin de prioriser l’accueil des enfants en situation de handicap dans les EAJE. Il est tout à fait possible d’utiliser ce financement pour l’achat de matériels adaptés, pour l’aménagement de locaux, pour la mise en place de formations…


La Région, propose également une aide financière : 

  • Certaines régions souhaitent favoriser le développement des modes d’accueil de la petite enfance sur le territoire en apportant notamment une aide financière à l’investissement pour contribuer aux dépenses de travaux et d’équipement matériel et mobilier. Cette aide à l’investissement peut être majorée dès lors que le programme prévoit la création de places d’accueil d’enfants en situation de handicap.

Le dispositif Plan Action Handicap peut aussi être un soutien :

  • Ils accompagnent l’ensemble de l’équipe et prêtent bien souvent du matériel adapté aux enfants et à la structure. C’est un soutien important car bien entendu tout ce matériel représente un coût plutôt élevé. 

Apprendre à faire la jonction entre les familles et la structure

Il est nécessaire pour les équipes, la référente technique et la gestionnaire de faire le pont entre la micro-crèche et les familles des enfants en situation de handicap. Avant toute chose, il faut écouter ce que ces familles ont à dire au sujet de leurs enfants, avant même le rendez-vous pour l’inscription. L’air de rien, ils savent ce dont leurs enfants ont besoin au quotidien. L’écoute est donc une clé pour la suite dans la structure mais aussi pour tisser une relation de confiance avec les parents.

Il faut également penser à présenter aux familles les différentes aides existantes pour elles. C’est un détail qui fait la différence, les familles se sentent rassurées de voir que la structure s’est renseignée au préalable. Voici donc un petit florilège des aides existantes :

  • La présence dans la famille d’un enfant en situation de handicap (bénéficiaire de l’AEEH) selon de barème la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), permet d’appliquer aux familles un taux inférieur jusqu’aux cinq ans révolus de l’enfant.
  • L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et ses compléments est destinée à compenser les frais occasionnés par l’éducation et les soins dispensés à un enfant en situation de handicap. Elle est constituée d’une allocation de base et de six compléments attribués en fonction du taux d’incapacité de l’enfant et du recours à une tierce personne. 
  • L’allocation journalière de présence parentale (AJPP) est versée au parent qui cesse ponctuellement son activité professionnelle pour s’occuper de son enfant gravement malade, accidenté ou handicapé.
  • La prestation de compensation du handicap (PCH), versée par le département, peut être affectée pour des charges liées à un besoin d’aides humaines, techniques, à l’aménagement du logement et/ou du véhicule.
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Au-delà des aides, il peut être aussi intéressant et de partager des ressources avec les familles, en présentant par exemple le site www.mon-enfant.fr, qui depuis 2015 a intégré un espace documentaire à destination des parents et des professionnels, qui enrichi de supports écrits et de vidéos, permet de fournir des ressources pour accompagner les parents dans leur rôle, et les professionnels dans leur pratique.

On peut également imaginer, de mettre en lumière la collection de livres “Au cœur des différences”. En effet, il s’agit-là de plusieurs titres qui abordent toutes les sortes de différences (allergies, maladies, handicaps, troubles,…) à travers des personnages attachants. Il s’agit-là d’une collection que la micro-crèche peut avoir dans sa structure pour les présenter aux parents d’enfants en situation de handicap mais également aux autres enfants de la micro-crèche qui vont devoir apprendre à vivre avec un copain ou une copine avec un handicap, qui n’est pas toujours facile d’appréhender. 

enfant crèche peinture

Les points positifs de l’insertion pour les enfants handicapés

Il y a énormément de points positifs sur la prise en charge de jeunes enfants en situation de handicap dans des micro-crèches. Néanmoins si je devais en retenir quelques uns, les plus importants selon moi, ce serait ceux là :

  • L’insertion permet à l’enfant et sa famille de sortir de l’isolement et de leur offrir un véritable lieu d’échange
  • Maintenir, voire même pour certains, créer un lien social avec des personnes du même âge
  • Contribuer au changement de regard et à une inclusivité dès le plus jeune âge en accueillant à la fois des enfants valides et des enfants handicapés
  • Permettre aux familles la reprise d’une activité professionnelle grâce au temps d’accueil en journée

Nul besoin de le spécifier mais je vais quand même le faire, choisir de rendre sa structure accessible à tous et toutes et en faire un lieu de vie inclusif n’est pas évident, car malheureusement la société actuelle a encore trop tendance à penser que tous les enfants sont similaires et doivent rentrer dans des moules.

Les trois premières années de la vie de l’enfant sont charnières, il est donc évident que si l’enfant en situation de handicap se sent rejeté dès son plus jeune âge, son insertion dans le monde n’en sera que plus difficile. Mettre en place une micro-crèche adaptée à des enfants en situation de handicap n’est donc pas un long fleuve tranquille mais le jeu en vaut la chandelle puisque tu seras fière d’avoir créé un aussi beau lieu de vie à ses enfants et surtout, ils sauront te le rendre. 

Je te laisse me dire si c’est quelque chose qui te parle pour ton projet de création de micro-crèche, si dès son ouverture tu aimerais qu’elle soit optimisée pour tous et toutes ou si tu as déjà une micro-crèche si après la lecture de ce guide, l’idée d’adapter ta structure a peut-être germée. 

De mon côté, comme à mon habitude, je reste disponible sous les commentaires si tu as des questions.